Réflexion sur la compétence 13
26 novembre 2010
La compétence 13 est : “S’approprier la réalité pluriethnique de la société québécoise et de l’école montréalaise, se sentir réellement concerné dans ses actions pédagogiques, développer les compétences de l’éducation interculturelle“.
Depuis que je réside à Montréal, j’ai découvert le véritable sens du mot pluriethnicité. J’ai tout d’abord trouvé cela formidable une ville où tous pouvaient vivre ensemble, en harmonie et en accommodements, les uns avec les autres. J’ai fait diverses expériences tant au niveau du travail que des stages, qui m’ont ouvert les yeux sur les dessous et la réalité de l’intégration Montréalaise. J’ai tout d’abord passé 2 années à enseigner les mathématiques à des adultes du quartier St Michel. J’intervenais auprès de personnes en alphabétisation (moins de 5 ans de scolarité) et en francisation (apprentissage récent du français). Cela m’a permis de découvrir la problématique que vivent ces familles immigrantes à Montréal. J’ai pu être initiée aux différentes activités organisées dans le quartier, notamment pour les femmes, et je me suis rendue compte de la difficulté, voir la quasi impossibilité pour ces parents d’offrir un soutien scolaire à leur enfants puisque la langue forme une barrière entre notre univers et le leur. J’ai ensuite effectué un stage dans Parc Extension, dans une classe de 3e cycle où j’étais la seule blanche, enseignante incluse, et moi-même, je ne suis pas québécoise. Mon stage s’est déroulé à merveille et j’ai appris énormément au contact de ces enfants du monde. J’ai pu réaliser à quel point le rapport entre l’enfant, l’école et l’enseignant, était culturel et influencé largement par la famille même hors contexte de leur pays d’origine. J’ai presque vécu un choc culturel lors de mon stage 2 dans une école de quartier du plateau Mont Royal ! Mon stage 1 avait débuté avec un projet sur les différentes religions, les enfants venaient présenter la leur et la manière dont elle était pratiquée chez eux, ainsi que dans leur pays d’origine. On rejoint ici le sujet du cours d’éthique et de culture religieuse, les enfants issus de traditions religieuses fortes, ont échangé, débattu, se sont interrogés sur les différentes religions dans le respect et l’écoute les uns des autres. Dans ce contexte, toute la classe était issue de classe d’accueil, en francisation ou maitrisait 2 ou 3 langues. Tous les élèves avançaient alors au même rythme au niveau de la compréhension et de l’écriture du français. Lors de mon stage 3, je suis dans une école à vocation musicale qui compte un grand pourcentage de places allouées à des enfants issus de quartiers défavorisés. Une dizaine d’autobus les amènent à l’école chaque matin des 4 coins de l’île de Montréal. J’ai 4 continents sur 5 représentés dans la classe avec certains enfants qui ont déjà une grande maitrise du français et d’autres pour qui la langue représente quasiment un obstacle aux bons apprentissages. Je remarque que pour ma planification, la création et l’animation des activités pédagogiques, il est impératif pour moi d’en tenir compte. Je laisserai par exemple plus de temps aux élèves qui ont des difficultés dues au français et les laisserai finir les examens en récupération. De plus, je vais m’attarder à prendre 1 minute avec eux lorsque tous commencent une activité pour m’assurer qu’ils ont bien compris les consignes. Lors des travaux de rédaction, je suis visiblement plus indulgente et je considère beaucoup plus la progression que le rendu actuel de l’enfant. Je remarque que les enfants aiment parler la langue « de la maison » et je trouve ça important d’ouvrir la porte de la classe aux cultures extérieures. Ils vont se montrer intéressés et curieux d’entendre et répéter ces différents dialectes. Mon enseignante leur passe des contes lors des moments de routines comme l’accueil ou la collation ; ainsi, tout au long de l’année, ils découvriront des contes populaires africains, japonais, etc. Le tour du monde par les contes est une approche pour laquelle j’ai vraiment eu un coup de cœur. On y sent bien la philosophie de chaque pays, la façon de concevoir la vie, les valeurs et croyances de chacun. De plus, il y a toujours une petite morale à la fin des contes qui ouvre la porte à de belles discussions, sur des sujets comme la tolérance, le respect, l’ouverture d’esprit, etc.
Selon moi, les occasions vont être nombreuses et toujours pertinentes, d’intégrer les différentes cultures dans les interventions en classe. On peut faire venir un parent qui nous raconterait son enfance au pays par exemple, ou leur arrivée au Canada, présenter des objets appartenant aux enfants, faire des activités de découverte du monde, etc. Les enfants d’aujourd’hui, pour reprendre une vieille chanson, sont les adultes de demain. Mais ce sont aussi et surtout des citoyens du monde qui doivent apprendre à vivre bien en
communauté dans le respect de tous, et celui débute simplement par une bonne connaissance de l’autre.
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